Rapport d’activité 2020

Notre rapport d’activité se présente comme un récit : il prend son origine dans les initiatives du collectif des riverains du quartier Marceau, au moment où le plan d’urbanisme de la mairie – « Marceau réinventé » – était lancé en juin 2019. Le récit décrit, dans un deuxième temps, la constitution d’une association en bonne et due forme « Collectif Marceau », en juin 2020. Nous déclinons les activités, les rencontres, les événements que ensemble, en représentation ou encore en délégation nous avons menés au long de l’exercice 2020-2021.

Premières activités : le collectif des riverains du quartier Marceau

Juin 2019 – Juin 2020.

Le contexte : le plan « Marceau réinventé »

Environ un an avant la constitution de notre actuelle association, à savoir le « Collectif Marceau », un collectif de riverains du quartier, habitant – de plus ou moins longue date – les rues Barbès, Belfort, Gouffier de Lastours, Hoche et d’Argenton, s’est spontanément réuni pour s’interroger sur le nouveau plan urbain « Marceau réinventé » et évaluer son emprise sur la vie sociale du quartier.

D’entrée de jeu, le collectif s’est donné une ligne de conduite en trois règles, toujours la sienne aujourd’hui :

  1. que soit discuté ce plan sous tous ses angles – sociaux, économiques, immobiliers, circulatoires, écologiques, esthétiques, patrimoniaux… – au plus près des habitants et en interaction avec eux ;
  2. que soit simplement répondu à ce qu’ils en attendent ou en espèrent autant que les informations disponibles le permettent, en nous plaçant délibérément hors de toute prise de position partisane locale et nationale ;
  3. que soit toujours cherchée une convergence des points de vue par le débat, aussi bien à l’intérieur qu’à l’extérieur du collectif.

De leur côté, d’autres groupes d’habitants ont été, comme nous, prêts à participer aux « consultations citoyennes » d’information et de restitution proposées par la Ville, ainsi qu’à une réunion sur l’aspect médico-social du dit plan, à savoir ses effets sur la vie matérielle, l’état sanitaire et la physionomie du quartier. Il est arrivé que, parfois, ils nous rejoignent.

En lui-même que propose ce plan ? Avant tout, une réaffectation structurelle des espaces libérés dans la caserne : la création d’un tiers-lieu dans le bâtiment 25, face à celui de la police municipale (le B 24, conservé comme tel), la construction de 350 logements de standing (nombre qui, après ajustement au début de 2021, a été ramené à 270, en raison de l’ajout d’un groupe de maisons individuelles avec jardins), celle d’un mail piétonnier arboré, d’un parking-silo et d’une voie de circulation vers la rue et la passerelle du Chinchauvaud, une promenade – belvédère, l’installation des écoles de la CCI et de leur amphithéâtre probablement à l’arrière de l’horloge centrale, le tracé d’un nouveau bus à haut niveau de service (BHNS), plus rapide que les bus actuels. La question fondamentale que le collectif s’est posé à lui-même : comment et en quoi ces créations structurelles au sein de la caserne dessinent-elles aussi un projet global de transformation du quartier ?

Ce plan, en effet, fortement centré sur la caserne et son environnement immédiat, annonce en même temps la formation d’un « éco quartier » au sujet duquel, au long des années 2019 et 2020, notre collectif s’est constamment interrogé pour en connaître l’emprise et les contours, comme, par exemple, lors de nos rencontres officielles avec Monsieur le maire, ses adjoints et les services de la municipalité, le jeudi 19 décembre 2019 et le 23 mars 2021 (voir plus bas). Car, à nos yeux, l’« éco quartier », ne saurait se limiter à de simples opérations de verdissement, de piétonisation, de collecte d’eau pluviale ou de production d’énergie douce. Il doit se penser, en connexion avec l’espace caserne, comme un enjeu de transformation du quartier, de son habitat, de son réseau de rues, de ses voies de circulation, de ses moyens de transport, de son marché du samedi.

Nos initiatives et nos tâches prioritaires

Dans ce contexte, notre collectif a pris une double initiative :

  1. Lancer une première consultation de ses propres membres par questionnaire. En pourcentage, deux tendances dominantes en sont ressorties, la première davantage en faveur du développement des aspects environnementaux que de la construction de nouveaux logements où certains voyaient une « bétonisation » malencontreuse ou inutile de l’espace, et la seconde en faveur d’une installation d’équipements culturels publics et privés dans un espace ouvert aux loisirs, aux sports, aux arts, à la vie associative, en somme au mieux-vivre collectif ;
  2. Réunir les habitants qui le souhaitaient (à la fin 2019, autour de 70 ménages s’accordaient avec notre démarche et nous avaient déjà rejoint) pour en discuter de vive voix la forme et le contenu. La réunion en question a eu lieu le 17 octobre 2019, au restaurant « Le Théodore ». Furent invités à y prendre la parole deux experts, Mr Toulet, président des « Amis du Vieux Limoges » et Mr Nicolas Simonnet, ancien Conservateur des Monuments Historiques, le premier pour présenter à grands traits l’histoire du quartier dans la deuxième moitié du XIXe siècle et celle de la caserne construite en 1874 (suite à la guerre franco-prussienne de 1870), et le second pour évaluer les chances de conserver si possible une partie de son patrimoine militaire, l’horloge centrale et les anciennes écuries de la cavalerie.

En de réunion, les participants n’ont pas manqué de soulever plusieurs des problèmes liés à la vie du quartier, à son environnement de rues, de trottoirs et de places, à l’amélioration de son habitat, à la proximité de ses commerces, à ses commodités de transports, à ses possibilités de stationnement, au devenir de la place et de son marché du samedi et, enfin, à la mixité démographique et ethnique de ses populations.

À partir de la fin de 2019 et jusqu’en Juin de 2020, notre collectif de riverains s’est transformé – sur un mode informel – en bureau d’une future association : neuf membres du collectif ont alors consolidé leur habitude de se réunir une fois par semaine chez les uns et les autres (et depuis le début de la pandémie « Covid-19 » en février 2020, ils tiennent leur réunion par visioconférence, le mardi soir).

Ce bureau s’est donné un logo : « Un quartier, Une histoire, Une ambition » qui sera aussi celui de la future association. Il s’est assigné six tâches prioritaires, les unes à court terme, d’autres à moyen, voire à long terme.

  1. La préparation d’un dossier sur nos activités autour de « Marceau réinventé » à présenter devant le « Club de la Presse ». En présence des médias suivants – Le Populaire du Centre, France Bleu Limousin, RTF, une Radio libre – la séance a eu lieu le mardi 21 janvier 2020 à 11h. Elle a donné lieu à un débat approfondi non seulement sur le contenu du plan, mais encore sur la portée des outils numériques, statistiques, archivistiques… dont nous avons besoin pour travailler.
  2. À partir de la fin janvier, l’organisation d’un planning de rencontres, enregistrées et filmées, par deux d’entre nous, avec chaque candidat – tête de liste aux élections municipales de Mars pour connaître leurs intentions et leur ordre de priorité en matière d’urbanisme. Un film a restitué la totalité de ces rencontres et a été présenté lors d’une réunion publique au théâtre Expression 7, le 26 février, quelques jours avant le scrutin. Cette réunion, ouverte à tous nos sympathisants et auxquels les représentants des candidats ont participé, sera un franc succès. La pandémie obligera à reporter le deuxième tour au mois de juin et là, de nouveau, deux représentants de notre groupe rencontreront les deux candidats restés en lice sur les mêmes thèmes, le 11 juin, Monsieur Lombertie et le 20 juin, Monsieur Miguel. Le film de ces différentes rencontres constitue une archive visuelle et orale toujours disponible à visionner sur demande.
  3. L’organisation de la communication numérique de notre collectif : adresse électronique, création d’un Blog, ouverture d’un compte Facebook, d’un compte Twitter et d’Instagram. S’y sont ajoutées au premier trimestre de 2021, nos deux premières Newsletters (février et avril 2021) sous le titre : « le P’tit Marceau ». Une version papier est actuellement à l’étude.
  4. Parallèlement, une campagne de tractage de « flyers » avec notre logo sur le marché du samedi auprès des chalands et des commerçants a continué de s’inspirer de la double intention d’alerte et de réflexion du collectif à son origine. Jusqu’en juin 2020, particulièrement lors de la campagne de février des élections municipales de mars, le tractage a été renouvelé plusieurs fois, aux différentes entrées du marché. En même temps, le collectif a informé – par le moyen de ses propres outils de com’-, ses adhérents, ses sympathisants sur les nouvelles restrictions du plan induites par la pandémie. D’une certaine façon, la menace d’une « bétonisation » de l’espace caserne s’est alors atténuée, sans que l’on sache précisément ce qui allait s’y substituer.
  5. Une campagne de sensibilisation des habitants par le biais d’un événement créateur intitulé « Mon Marceau à moi ». Elle va librement s’étaler du mois de mai au mois d’Octobre 2020 : chaque participant (une trentaine, y compris des enfants et ados) y a été invité à imaginer librement un récit romanesque, un journal privé, un poème, une chanson, une œuvre photographique ou plastique de son choix, un jeu de construction imaginaire, en lien avec le quartier, relatif à son histoire, son marché, au vécu de ses habitants actuels et aux souvenirs des plus anciens… Actuellement, une vingtaine d’œuvres sont toujours visibles, lisibles et consultables sur notre Blog. Elles dessinent à leur manière une sorte d’image utopique – nostalgique du quartier.
  6. La conception et la mise en œuvre d’une consultation auprès de nos adhérents et de nos sympathisants, un an après la première qui était limitée à notre collectif de départ. Elle confirmera les deux tendances de la première : si, comme l’INSEE le note, la ville a perdu 4.000 habitants entre 2012 et 2017, si le taux de vacance de ses logements a progressé de 8 à 14 % dans plusieurs quartiers – Marceau, le Centre-Ville -, il est logique que les réponses marquent leur préférence pour une politique de réhabilitation des logements vétustes existants dans le cadre d’une « OPAH ».

Nos activités associatives de « Collectif Marceau » et leurs premiers résultats

Juillet 2020 – Juin 2021

Passage en association. L’esprit de notre travail collectif

Dès la fin du mois de mai 2020, les neuf membres du bureau ont souhaité afficher une plus nette représentativité du collectif dans les mutations à venir et y associer tous leurs sympathisants en s’érigeant en association du quartier Marceau et de sa caserne. Aussi, logiquement, nous avons déposé les statuts d’une association en bonne et due forme selon la Loi 1901 sous le nom de « Collectif Marceau ». Après son AG constitutive, nous tenons aujourd’hui la première AGO de son existence.

En septembre, le « Collectif Marceau » a ainsi pu intégrer ès qualités le Forum des associations à sa demande. Notre association y a présenté un stand comprenant la projection cartographiée de « Marceau réinventé » ainsi que la vingtaine d’œuvres imaginées – créées lors de « Mon Marceau à moi ». L’invitation a été faite aux visiteurs de passage de donner par écrit leurs opinions ou leurs réactions par « post-it » épinglés sur panneau. Les deux jours du Forum ont permis de nous faire connaître à un large public au-delà des frontières du seul quartier. Ils ont été l’occasion de discussions nombreuses et diversifiées sans aucun interdit. A la suite, ils ont donné lieu à un nombre important d‘adhésions sur le stand d’abord et par courrier au siège de l’association. De septembre à aujourd’hui, notre « Collectif Marceau » a enregistré pas moins de 204 inscriptions parmi lesquels un certain nombre a adhéré sur la base d’une cotisation de 5 euros au minimum et… « plus si affinités ». Notre objectif principal d’association est le même que dans la première période : assurer une fonction d’alerte, d’information et de réflexion en maintenant, sans affichage ni affiliation politiques, une relation constante – par les différents canaux de communication mis en œuvre – avec nos adhérents, nos sympathisants et, de proche en proche, avec le quartier généralisé.

Précisons ici les trois visées qui sous-tendent le sens du travail collectif mené par le « Collectif Marceau » :

  1. Exprimer la diversité du quartier sans jamais occulter les aspects liés à la pluralité de ses caractéristiques sociales et démographiques ou des origines ethniques des populations qui l’habitent ;
  2. Se donner bénévolement le temps nécessaire pour nos réunions, nos actions, nos rencontres, nos opérations de communication, nos recherches sur la vie du quartier. Le rapport financier a établi partiellement l’équivalence monétaire de ce bénévolat ;
  3. Définir et mettre en œuvre un mode consensuel de décision fondé sur une expertise d’usage, le partage de nos savoir-faire propres (les horizons professionnels d’où nous venons) et leur intégration dans la décision.

Parmi les neuf membres du bureau actuel, deux ont choisi de laisser leur place dans cette instance, en avril dernier. Nous voudrions simplement leur rendre hommage pour leur savoir-faire, leur énergie, leur participation mobilisés au service de notre projet. Merci à Marion et à Laurent pour tout ce qu’ils ont apporté au « Collectif ». Conformément aux statuts, le bureau a provisoirement pourvu à leur remplacement par Nora et Yamina : elles se porteront candidates au cours de cette AGO.

Nos ateliers de réflexion et nos rencontres officielles : le devenir de la caserne et du quartier

L’ombre au tableau reste évidemment le contexte pandémique qui affecte peu ou prou cette triple visée. Pourtant, comme ce rapport d’activité le montre, le Collectif Marceau a poursuivi sans faillir la mise en œuvre de ses activités en favorisant autant que faire se peut une communication ascendante et partagée. D’où notre interrogation : comment, en régime de pandémie et de confinement relatif, cette ligne de conduite a-t-elle pu se traduire dans nos activités mêmes ? La réponse du collectif a été d’organiser des ateliers évolutifs de réflexion et de débat sur les aspects qui structurent la vie du quartier selon une liste thématique ouverte : Qu’est-ce qu’un Tiers-Lieu ? / Habitat – Logements et « OPAH » / Circulation urbaine et tracé du BHNS / Mixité sociale et ethnique des populations habitantes / Regards sur les « cuisines du monde » à l’œuvre dans le quartier / Conditions à réunir d’une transition progressive vers un « éco quartier » (au-delà des équipements « écologiques » de la caserne et du Tiers-Lieu).

À ce jour, seulement deux ateliers ont pu se tenir. Le premier a porté sur la définition d’un « Tiers-Lieu », le 9 juillet 2020 à 18h au « Théodore ». Le principe a été le même que pour la première réunion (17-10-019, voir plus haut) : inviter deux experts ou deux personnes impliquées dans le projet de confédération du B 25 – Sandra et Jérémy – pour exposer l’état de la question, les enjeux, la faisabilité concrète de l’opération, la politique précise de la mairie : s’agira-t-il de culture, d’art, de métier, d’économie solidaire ou de marché ? Le phénomène du « co-working » dans une optique de « post-management » a été le centre du débat puisque une diversité d’ateliers, de services à la personne, d’associations, de microentreprises, de start-ups devraient s’y confédérer. Étant organisateur de la réunion, nous avons mis l’accent sur la future coopération entre le B 25 (devenu association confédérant plusieurs ateliers, services, groupes culturels et artistiques… à la fin de 2020) et notre association « Collectif Marceau » centrée par objectif sur la globalité du quartier, au-delà des murs de la caserne. Justement, nous avons imaginé qu’un premier exemple de coopération pourrait être l’organisation d’une grande fête de quartier, sans doute en 2022. Les pourparlers entre nos deux associations sont en cours.

Un second atelier a pu se dérouler, dans un contexte d’assouplissement du confinement et en visioconférence. Il a porté sur « Habitat – logements », le jeudi 3 juin à 18 h 30. Les représentants de deux Agences immobilières du quartier ont été invités. Les questions traitées ont été les suivantes : les fluctuations du marché immobilier, les avis de représentants des agences, l’attrait sentimental du quartier, la clientèle d’élection, les besoins sociaux en logements, la question de la réhabilitation de l’habitat vétuste.

Quant à la préparation des prochains ateliers, elle est en cours, bien qu’ils soient toujours aussi délicats de les mettre en place par visioconférence. Elle consiste en petites enquêtes qualitatives préalables auprès des acteurs du quartier, enquêtes qui permettent d’en prendre « le pouls ». Ainsi, en vue du futur atelier « Mixité sociale », une consultation des acteurs du monde éducatif et des parents d’élèves a été réalisée, les 4 et 25 février derniers, dans le but de nous informer sur la situation sociale et économique des familles, sur leurs nationalités d’origine et sur leurs pratiques d’insertion scolaire.

La décision de rencontrer l’ensemble des décideurs impliqués dans le plan « Marceau réinventé » est restée notre ligne de conduite pendant toute cette période. Dans la première période, déjà, nous avions rencontré les candidats et les élus aux élections municipales. Les élections passées, il nous fallait impérativement assurer nos informations sur le devenir du quartier pour nos adhérents et sympathisants. Il fallait en particulier, connaître avec exactitude le futur tracé du BHNS dont nous savons qu’il impactera la vie des usagers, des riverains et des scolaires en raison de son envergure, de ses performances et de sa régularité : il doit emprunter, en effet, à l’angle des écoles Léon Berland, la rue Armand Barbès, en double sens, la circulation automobile étant inversée (par rapport à celle d’aujourd’hui) et le stationnement, allégé. A sa demande, notre « Collectif Marceau » a rencontré, le 19 mars, l’élu responsable, Monsieur Gilles Bégout, et le service des transports de Limoges-Métropole. Certains points de la future politique des transports ont pu être levés, mais aujourd’hui encore le tracé précis du BHNS (deux lignes Nord- Sud et Est – Ouest se coupant) reste incertain.

Notre acquis : six certitudes, une probabilité et quatre avancées factuelles

Le 23 suivant, toujours à notre demande, dans la conjoncture persistante de la Covid et du repli économique qui s’ensuit, notre collectif a rencontré le maire, ses adjoints chargés de l’urbanisme et des transports. Le but était, si l’on peut dire, de gagner des « parts de certitude » sur tous les sujets en suspens. Qu’avons-nous obtenu au terme de cette rencontre, qualifiée positivement par le maire de « partenariale » ? Nous pouvons répondre : six certitudes et une probabilité. Les six certitudes sont les suivantes :

  1. l’abandon de toute construction nouvelle sur la place Marceau,
  2. l’installation du tiers-lieu dans le B 25,
  3. le maintien de la police municipale dans le B 24,
  4. la création de 270 logements de standing et d’un groupe de maisons avec jardins,
  5. la construction d’un seul parking-silo,
  6. le mail central, la promenade-belvédère et le passage vers la rue du Chinchauvaud.

La probabilité porte sur la construction d’un bâtiment abritant les cinq écoles de la CCI et leur amphithéâtre. Elle est soumise à la condition d’un rendu positif de la part des experts financiers et techniques. Cette expertise est attendue pour la fin juin.

Cette alternance de certitudes et de probabilité laisse encore des parts d’ombre. Ce qui nous conduit à poursuivre notre politique de rencontres avec les décideurs et les responsables pour les lever. C’est ainsi que nous avons demandé au président de la CCI, Monsieur Massy, de bien vouloir nous recevoir au sujet de l’implantation des cinq écoles CCI (dont 3IL, école d’ingénieur en alternance) dans l’espace de la caserne, de son architecture, de son financement, de son calendrier. Deux de nos représentants l’ont rencontré le 12 mai 2021. Deux autres rencontres ont déjà eu lieu, l’une, le 18 mars, avec le président de la Cinémathèque de Nouvelle Aquitaine sur son projet d’installation dans le bâtiment de l’horloge auquel la mairie n’a pas voulu donner son aval, l’autre tout dernièrement avec Monsieur Burget, ingénieur à la retraite, au sujet de sa connaissance technique du bâti et des murs de la caserne vers les rues Chinchauvaud et Charpentier. Enfin, nous avons demandé par courrier à Madame l’architecte des bâtiments de France (ABF) de bien vouloir nous informer sur la protection administrative des bâtiments de la caserne et sur les conséquences de ce règlement protecteur dans l’optique des constructions envisagées.

La conclusion de ce rapport amène logiquement une remarque générale sur le niveau d’efficacité de notre association, sur ses premiers résultats. Certes, après nos diverses rencontres avec les décideurs, après nos différentes interventions sur les médias, après nos efforts en vue de rendre visibles et utiles nos activités, après les avoir systématiquement communiquées… force est d’observer que nous restons encore « sur notre faim » quant aux retours d’informations de la part de élus, des décideurs, des responsables et quant à la réactivité de nos interlocuteurs patentés. Nous le regrettons sans jamais nous avouer vaincus. Certes, nous aurions aimé dépasser les incertitudes qui grèvent encore certains dossiers : configuration finale de l’espace de la caserne, tracé du BHNS, mise en œuvre d’une OPAH en faveur de l’habitat vétuste, contours précis que prendra le futur « éco quartier »… Mais il est indéniable que ces dossiers, même incertains et inachevés, ont progressé, sont mieux connus de nous, tout en restant notre véritable champ de bataille pour l’année qui vient.

Autrement dit, notre association a pleinement conscience que certains aspects significatifs des dossiers en jeu dans ce plan, restent encore opaques et n’ont pas reçu l’éclairage que nous attendons toujours, comme le plan de circulation autour de la caserne et son lien avec le BHNS. Pourtant, nous apprécions quatre avancées factuelles importantes eu égard aux prévisions d’origine :

  1. le fait acquis qu’aucune construction ne sera réalisée sur la Place Marceau,
  2. le fait qu’un seul parking-silo sera construit, au lieu des deux prévus, et à l’endroit le plus élevé du mur d’enceinte de façon à ne pas gêner la vue des riverains de la rue d’Argenton (ce qui impliquerait la destruction partielle des écuries ?),
  3. le respect de la perspective qui va de l’Avenue Garibaldi jusqu’à la passerelle de la rue du Chinchauvaud,
  4. les travaux de démarrage du futur tiers-lieu.

Notre visée à moyen et à long terme : Marceau, quartier-phare de Limoges

La pandémie a obligé les pouvoirs publics à une réorientation des budgets annoncés. De même, nous ne savons rien de l’intervention des cabinets d’architecte et d’ingénieur, de celle des promoteurs immobiliers qui seront impliqués dans la construction des 270 logements, des maisons individuelles avec jardin, du parking-silo, de la configuration de l’espace de la caserne et des opérations préfigurant un « éco quartier ».

Certes, nous parlons beaucoup de la caserne et de son devenir dans la décennie qui vient. Nous y sommes forcés par la prégnance du dossier qui la concerne, et sans doute quelque peu par l’opinion publique qui la place au centre de ses représentations. Pourtant, soyez assurés, que notre projet de « Collectif Marceau » est plus large, plus structurel aussi : le quartier dans la grande diversité de ses groupes, de ses acteurs, de ses ressources, est sans relâche regardé sous l’angle de sa future mutation en « éco quartier ».

Enfin, nous voudrions partager avec vous, simplement, modestement, sans aucune forfanterie, les motifs de satisfaction dont témoigne ce rapport d’activité. Nous avons en effet beaucoup travaillé collectivement en nous divisant les tâches et les rôles dans la plus grande transparence de nos décisions et, toujours, avec amitié. En même temps, nous avons pleinement conscience que les chantiers ouverts par nous à l’occasion de « Marceau revisité » ne se réaliseront pas en un jour ! Assurés de votre désir d’améliorer les conditions de notre vie au quotidien, c’est à un travail de longue haleine que nous vous appelons, convaincus que vous saurez toutes et tous y répondre et, grâce au Collectif, relever le défi.